Associations réciproques entre les trajectoires de l’activité physique et de la fonction physique chez les femmes âgées


Reciprocal Associations Between Trajectories of Physical Activity and Physical Function Among Older Women: Findings From the Australian Longitudinal Study on Women’s Health

Yuta Nemoto, PhD , Wendy J Brown, PhD , Geeske Peeters, PhD , Gregore Iven Mielke, PhD

The Journals of Gerontology: Series A, Volume 80, Issue 6, June 2025, glaf059,

L’étude australienne, un miroir tendu à notre pratique quotidienne :

Imaginez, pendant plus de dix ans, suivre le fil fragile de la mobilité et de l’autonomie chez des femmes âgées de 73 à 90 ans. C’est ce qu’ont fait les chercheurs de l’Australian Longitudinal Study on Women’s Health, en observant comment l’activité physique et la fonction physique s’entrelacent, se soutiennent, ou parfois se fragilisent mutuellement.

Ce que l’étude nous révèle, à nous, kinésithérapeutes à domicile :

  • Un cercle vertueux, mais fragile : Plus une patiente reste active, plus sa fonction physique se maintient, et inversement. Une bonne mobilité lui permet de continuer à bouger, à marcher, à vivre chez elle. Mais attention : ce cercle peut aussi devenir vicieux si le déclin s’installe.
  • L’importance de l’histoire : Les bénéfices de l’activité physique ne se mesurent pas seulement sur l’instant. C’est toute une vie d’activité qui se dépose comme un capital, offrant des années de vie en meilleure santé, même si le déclin devient inévitable après 80 ans.
  • Un appel à l’action précoce : Plus tôt on intervient pour maintenir l’activité, plus on retarde la dépendance. En tant que kiné à domicile, tu es en première ligne pour briser la spirale du désengagement : adapter les exercices, encourager la régularité, et surtout, redonner confiance.

En pratique, comment traduire ces enseignements ?

  • Personnaliser les parcours : Chaque patiente a sa propre trajectoire. Certaines garderont une activité élevée longtemps, d’autres déclineront plus vite. L’enjeu est de repérer ces profils pour adapter les soins.
  • Travailler en amont : Même si le déclin est naturel, une activité physique régulière, même modérée, peut faire la différence entre une autonomie préservée et une perte rapide.
  • Impliquer l’entourage : La famille, les aides à domicile, sont des alliés pour maintenir ce cercle vertueux. Leur expliquer l’enjeu, c’est aussi leur donner des clés pour encourager leurs proches.

En résumé : Cette étude nous rappelle que notre rôle ne se limite pas à soigner la douleur ou la raideur. Nous sommes aussi les gardiens de l’autonomie, les passeurs de mouvement, ceux qui aident à écrire les prochains chapitres de la vie de nos patientes, chez elles, là où tout se joue.


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